Par delà Bien et Mal

Quelle ironie. Il y a un quart de siècle les chaînes diffusaient pour la première fois des dessins animés japonais. C’était l’arrivée de Goldorak (”U.F.O. Robo Grendizer” de Go NAGAI) sur nos téléviseurs à nous en France. Certains (les directeurs de programmes) avaient une vision à court terme. Le profit immédiat, un moyen de faire des économies en achetant des dessins animés à pas cher. Mais d’autres voyaient plus loin et redoutaient l’influence néfaste de ces dessins animés sur une génération d’enfants. Déjà un docteur en psychologie directeur au C.N.R.S., Madame LURCAT sortait “À cinq ans, seul avec Goldorak“. Elle y décrivait des gamins qui ont peur: “J’aime pas Goldorak, c’est pas beau, sinon on fait des cauchemars dans la nuit.” Pour elle, c’était le Mal.

En fait je crois que ce sont plutôt les adultes qui ont eu peur. Selon elle: “l’univers culturel des enfants est trop limité. Les effets de séduction limitent le pouvoir créateur et favorisent l’invasion de l’imaginaire et du champ mental par des thèmes parasitaires qui peuvent freiner le goût de comprendre et d’agir“.
Quant à moi, j’étais un de ces gamins et j’étais émerveillé. Pour la première fois ma créativité était nourrie d’un univers fascinant que je n’avais jamais vu ailleurs (et quand je dis ailleurs je parle des programmes “jeunesse” français)… Pour la première fois des vaisseaux qui s’affrontent, un type qui rentre dans un robot géant, des poings qui partent, un rayon qui repousse l’adversaire, et un extra-terrestre dont le tête s’ouvrait: deux personnages dans un même corps! Tout ça c’était du jamais vu pour moi. Goldorak ne me faisait pas peur, au contraire: je rêvais d’être Actarus, d’habiter une super ferme à la KENT, d’avoir un super costume et de protéger la Terre. Je l’ignorais encore mais c’était un de mes premiers contacts avec le Japon. Et pour moi, c’était le Bien.

Des années plus tard, voilà la génération Goldorak. J’aime toujours les anime (et j’y ai ajouté depuis les manga, les jeux vidéo, le Jrock et mon amour pour le Japon). Je découvre le film de 「デビルマン」 (”devilman” soit “l’homme-démon” et pas “l’homme débile”), un autre manga de Go NAGAI (que je n’ai pas lu car je trouve les dessins trop laids, mais ça tombe bien comme ça j’ai découvert l’histoire avec le film et TERADA est passé par là). Et c’est pour moi, n’en déplaise à Tatie LURCAT et autres Ségolène ROYAL, une œuvre majeure sur la lutte entre le Bien et le Mal. On y retrouve la dualité dans les deux héros Akira et Ryo (comme avec Naruto/Sasuke ou encore Kaneda/Tetsuo). Des scènes de combat énergiques avec un rendu très jeu vidéo, une scène de poursuite entre Sélène et Amon volant entre les immeubles particulièrement dynamique…

Et une Miki très jolie (Ayana SAKAI déjà vue dans “Battle Royale 2″).

Où j’en étais? Ah oui… Le fond. Plutôt que de nous montrer une lutte à l’américaine (du style “Guerre des étoiles”), on y découvre une lutte à la japonaise. On ne va pas voir “les gentils contre les méchants” (là encore un cliché qu’on retrouve dans les paroles françaises des génériques de dessins animés japonais).

Non. On explore la ligne qui les sépare…

Et si, avant de lutter contre le Mal, on se demandait d’abord si on sait le reconnaître? Savons-nous vraiment ce qu’est le Bien, et ce qu’est le Mal?

Au lycée, Ryo traîne toujours avec Akira. Mais Ryo ne sourit jamais. Son père est mort dans un laboratoire. Une expérience a mal tourné: des démons se propagent sous la forme d’un parasite qui prend possession de l’A.D.N. des êtres vivants. Le seul moyen de ne pas sombrer est d’avoir un cœur bon, un cœur assez humain pour ne pas laisser le démon prendre le dessus. Le roi des démons, Satan, veut détruire l’humanité et faire régner l’enfer sur Terre. Mais Amon le démon téméraire garde son amour des hommes, il revendique même son nom: Devilman, le démon qui est encore humain. Contre sa nature de démon, Amon s’oppose à tous les autres démons et donc à Satan.
Chez les humains, Akira est en quête d’amour (la scène de la déclaration est particulièrement réussie). Les humains contaminés sont pourchassés. Le gouvernement vote de nouvelles lois: quiconque est soupçonné d’être contaminé est arrêté. Très vite ça devient quiconque est soupçonné est abattu.
La situation se dégrade: de plus en plus d’humains sont contaminés, le conflit prend une ampleur internationale. Au Japon, une brigade antidémons est créée et n’importe qui peut dénoncer son voisin. C’est la délation et la chasse aux sorcières. Certains, comme la belle Miki, font de la résistance et cachent des démons chez eux. La guerre civile éclate.
Dans ces conditions, l’Humanité échappera-t-elle à l’apocalypse? Devilman parviendra-t-il à sauver ceux qu’il aime ou son cœur sombrera-t-il dans la rage du démon?

  • Le site officiel du film sur lequel vous pouvez voir les bandes-annonces et aussi ce lien pour voir la première bande-annonce qui a servi à se rendre compte des effets visuels.
  • Une page pour savoir qui est Go NAGAI sur Animeka.
  • 3 réponses à “Par delà Bien et Mal”

    1. ubik Dit :

      Putain, tu veux me tuer avec des articles longs comme ça! =) À la fin, j’ai les yeux tellement défoncés que j’ai du mal à déchiffrer le code pour pouvoir poster un commentaire! o~0
      Un peu dure la vidéo aussi (vraiment trop petite pour se rendre vraiment compte)… Bon sinon, ça sort quand? =)

    2. K' Dit :

      J’ai une solution: tu fais une capture d’écran et tu inverses les couleurs! (ô___ô) Le D.V.D. est sorti au Japon (référence DSTD-02411).

    3. K' Dit :

      Une critique du film est dispo sur le site de Mad Movies: http://www.mad-movies.com/news.php?id=679
      Un autre article est paru sur Mangajima, mais l’auteur considère ce film comme un navet: http://www.mangajima.com/liveaction/devilman/live_devilman.htm

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