Il était une fois au lycée

May 14th, 2006

L’art du Jeet-kune-do inventé par Bruce Lee a pendant longtemps été dénigré. Les maîtres en Arts Martiaux étaient convaincus qu’il avait été créé dans le seul but de remporter des victoires.

Attention! L’esprit du Jeet-kune-do n’est pas vraiment un film d’arts martiaux. Et bien qu’il démarre sur le célèbre “Fist of fury”, ce n’est pas un film chinois, mais coréen. C’est l’histoire d’un lycéen timide et maladroit qui nous raconte son parcours. Hyun-Soo se fait battre par son père (qui tient une salle de Tae-kwon-do, histoire de situer le problème). Il débarque dans un lycée à mauvaise réputation (si vous aimez G.T.O. ou Rokudenashi Blues vous allez être servis) dans lequel l’ambiance est plutôt autoritaire pour ne pas dire militariste. Les enseignants n’hésitent pas à être violents et humiliants (insultes, claques, élèves qui se font tondre, tailler les uniformes à coups de ciseaux, frapper avec une batte).

Ce qui me frappe en premier c’est l’omniprésence du rapport de force hiérarchique: un élève doit accepter une correction sans broncher. Et pour le jauger, un professeur lui demande ce que fait son père. La position sociale des parents joue un rôle dans la hiérarchie, il en va de même pour un simple regard entre élèves (”Baisse les yeux!”). Les profs se giflent même entre eux. Détail important, l’histoire se déroule en 1978, un an avant la chute du régime dictatorial (avec l’assasinat du général Park Chung-hee). Bien sûr, dans un tel système, il y a des victimes et des tyrans.

Ce qui me frappe ensuite, c’est que la violence est là même quand elle n’est pas là, dans la provocation verbale, dans le besoin de défier l’autre en permanence pour affirmer sa position. Avec quelque chose de différent du Japon, une certaine crudité dans la brutalité. La violence existe aussi entre élèves, bien que sévèrement réprimandée. Des bastons montrées de façon réaliste, parfois très chaotiques (pas vraiment le genre performance qui en met plein la vue à la Ong-Bak même si elles n’en sont pas moins sauvages). C’est une violence prête à exploser à chaque instant. Et ce ne sont pas que des paroles en l’air: un élève n’hésite pas à planter avec un stylo, un autre à jeter de l’acide, à tout moment une bagarre peut éclater pour un rien! Le film est parsemé de scènes de baston en classe, sur les toits, dans les couloirs du lycée, dans le bus…

Mais Hyun-Soo, bien qu’il ne soit pas mauvais en sport, évite soigneusement de se battre, et pourtant ce ne sont pas les occasions qui manquent… Il devient pote avec le voyou de sa classe, un bagarreur effronté qui a l’air de se foutre de tout: Woo-Sik (”Une vraie victoire se remporte sans avoir à utiliser la force”).

Cette violence crue contraste avec l’autre aspect du film qu’il ne faut pas négliger: son côté romantique. Je dis ça pour les filles, s’il y en a qui me lisent et qui ont tenu jusque là. De ce point de vue, le film fait vraiment le grand écart entre baston et comédie sentimentale. Ceci s’explique par le fait que le héros Hyun-Soo raconte au passé, avec le recul, ses années de lycée (”Tout le monde garde dans sa vie des souvenirs inoubliables.”)

Hyun-Soo rencontre une fille dans le bus qui lui plaît, il la voit tous les jours mais n’ose pas faire le premier pas. Il est du genre à ne pas danser (un choix musical à l’ancienne: “One way ticket” en discothèque). Son meilleur pote Woo-Sik qui est un fonceur ne se gêne pas pour draguer. Rivalité et souffrance. Le film comporte son lot de scènes du genre: confidences, scènes sous la pluie, coup du parapluie, balade sur l’eau, petit cours de guitare acoustique… L’histoire d’amour prend une grande place dans le film (même si, ironiquement, c’est une bagarre qui va pousser Hyun-Soo à adresser la parole à Eun-ju). Elle montre aussi comment une fille peut avoir du mal à faire le bon choix quand il s’agit de garçons.

C’est cette histoire d’amour qui va changer complètement Hyun-Soo. D’abord, avec des résultats scolaires en baisse. Et finalement, c’est ce qui le décidera à ne plus être passif face à la violence de son lycée. Un déclic qui le poussera à tenir tête pour la première fois à son père, à trouver sa voie, et l’emmènera jusqu’au combat final du film, particulièrement intense en émotions, avec une sentence qui exprime toute la frustration de la jeunesse envers un système autoritaire (”J’emmerde toutes les écoles de Corée!”).

Le Jeet Kune Do n’apprend pas à regarder en arrière. Mais à aller de l’avant, une fois qu’on a trouvé la voie.” (Jeet Kune Do, La voie martiale” de Bruce Lee)

Renaissance

March 4th, 2006

À mi-chemin entre Blade runner et Sin city, Renaissance est un polar d’anticipation. L’histoire se déroule à Paris en 2054. Ilona, une jeune scientifique qui travaille pour Avalon, est enlevée. Karas, un flic spécialisé dans les enlèvements, part à sa recherche. Mais il n’est pas le seul…

Ce film en noir et blanc a été réalisé entièrement en 3D avec capture du mouvement des acteurs, pour un budget de 15 millions de dollars chez Attitude studio.
Renaissance sort en salles le 15 Mars. Allez voir la bande annonce sur le site officiel du film ou téléchargez-la en cliquant ici.

Notre vérité

January 30th, 2006

On l’attendait depuis 2002, et c’est le 4 Avril 2006 que sort le nouvel album de Lacuna Coil: Karmacode. Ceux qui comme moi ont tripé sur leurs précédents albums comprendront mon impatience pour ce qui s’annonce déjà comme un des albums de l’année (avec le Tool très probablement). Le site du fan-club officiel a déjà dévoilé la pochette de l’album (une étonnante photo d’un homme sans visage) et mis en place un compte à rebours!

Évidemment je suis fan. Une de mes grattes porte même le prénom de la chanteuse. Et encore plus fan parce que la B.O. du film Underworld 2 Evolution est sortie (j’avais déjà bien aimé la B.O. du premier, qui contenait déjà d’excellents morceaux de Puscifer et The Damning Well). Le rapport c’est qu’on y trouve en avant-première un morceau tiré du nouvel album de Lacuna Coil! Le titre est en écoute sur la toile, mais pour ceux qui ont une petite connection je l’ai encodé, ça s’appelle “Our truth“. Si vous ne connaissez pas encore cet excellent groupe, allez donc faire un tour par ici ou par là. Et pour ceux qui connaissent déjà, à lire les entretiens avec Andrea où il explique entre autres le concept de Karmacode.

Clock is ticking while I’m killing time
Spinning all around nothing else they can do to turn it back
Breaking partnership in this crime
Ripping up the past, condescending smile

Colline silencieuse

January 24th, 2006

RW < < 03.04.1999
Je découvre Silent hill (サイレントヒル) avec le premier opus sorti à l’époque sur la première playstation.
Je me souviens des nuits blanches passées à explorer des couloirs en m’éclairant à la lampe torche, à la recherche de ma fille, des gémissements de nouveaux nés comme émanant d’outre-tombe, une barre à mine comme arme de défense. Jamais auparavant le brouillard ne m’avait autant mis la pression.

FW >> 26.04.2006
Sept années plus tard, le film tiré du premier épisode de la série sortira en salle en France, réalisé par notre Christophe GANS national (qui a déjà adapté pour les Japonais Crying freeman). La bonne nouvelle c’est que les musiques seront signées du compositeur des jeux: Akira YAMAOKA, dont les musiques jouent un rôle essentiel dans l’ambiance du jeu (ma B.O. préférée est celle de l’épisode 2 et j’adore la chanson du 4 Tender sugar de Mary Elizabeth McGlynn).
Quant au résultat, voyez par vous-mêmes avec cette bande annonce en grand format (ou en petite taille pour les plus pressés). Rendez-vous dans trois mois dans les salles… obscures.

Une nana comme j’aime

November 1st, 2005

Au début de l’année j’avais prédit ici-même que 2005 serait l’année Nana. Contre toute attente, du moins au regard de la relative confidentialité du manga par chez nous ainsi que des craintes des fans que j’ai pu lire concernant la fidélité au manga, le film de Nana a fait un carton au Japon depuis sa sortie de 3 Septembre dans les salles (on parle de plus de 100 millions de dollars de recette, le plus gros succès de l’année 2005 au Japon, un deuxième film est déjà annoncé et sera tourné l’année prochaine). Un véritable phénomène de mode. On parle même de “tempête Nana“. Toutes sortes de produits dérivés sont sortis: bijoux, peluches (il faut voir celle de Yasu), même les fameux verres à fraises! La jeunesse japonaise se met à s’habiller comme dans le film (même moi j’ai acheté le collier de Ren). La carrière de Mika NAKASHIMA (qui je le rappelle était déjà chanteuse avant de jouer dans le film) s’envole, elle est devenue la vedette numéro 1, et la chanson du film s’est classée première à l’Oricon, le top 50 japonais. Et le phénomène gagne toute l’Asie, puisque le film sort à Hong-Kong et à Taiwan cette semaine. Et bien entendu toujours le manga vendu à plus de 27 millions d’exemplaires…
Pour faire patienter tout le monde sont sortis également des D.V.D. reportages sur le film (”FM 707″ et “All about 707″) avec de nombreux extraits du film et entretiens avec les acteurs, ainsi que la bande originale du film, un photobook et un roman.
Et en cadeau pour ceux qui ont lu jusque là, Glamorous sky le clip de Nana diffusé sur MTV (réencodé, recadré et désinterlacé par mes soins —attention “clic-droit+enregistrer sous”!) et la bande-annonce du film tirée du site officiel. En attendant la sortie du tome 12 du manga le mois prochain en France!

Final Fantasy le film

November 1st, 2005



Advent Children. Pas l’autre ratage commis en 2001 par Square acoquiné avec les américains façon “Kingdom hearts”. Non là on parle du vrai produit jap, directement issu de Final Fantasy VII, le jeu vidéo sur PS1. Le premier RPG sorti en France d’ailleurs. J’attendais ce film depuis environ deux ans, à grands renforts de bandes annonces…
Le scénar, quoique obscur pour qui n’a pas joué au jeu, nous évite le coup de la panne du film américain, et démarre en trombe avec une course-poursuite à moto futuriste ambitieuse, comme on n’en avait pas vu depuis le légendaire Akira. Combat à mains nues ultra rapides, persos typés, fringues stylées, mouvements de foule, décors de folie à couper le souffle de beauté… Un boss de fin et un générique en incrustation de décor façon Turbo. Ce que je préfère c’est le chara-design. J’appréciais déjà le travail de Tetsuya NOMURA (Parasite Eve, The bouncer) mais je dois reconnaître qu’en plus comme réalisateur il se débrouille pas mal du tout. Et pour aller plus loin si vous avez aimé: Dirge of Cerberus (un jeu sur Vincent) et FFVII Last order (un anime offert en bonus avec le D.V.D. édition-ultime-à-pleurer et qui se passe avant le jeu).

Et puis il y a Tifa. Tifa…
Nan mais épouse-moi, quoi!


Par delà Bien et Mal

August 10th, 2005

Quelle ironie. Il y a un quart de siècle les chaînes diffusaient pour la première fois des dessins animés japonais. C’était l’arrivée de Goldorak (”U.F.O. Robo Grendizer” de Go NAGAI) sur nos téléviseurs à nous en France. Certains (les directeurs de programmes) avaient une vision à court terme. Le profit immédiat, un moyen de faire des économies en achetant des dessins animés à pas cher. Mais d’autres voyaient plus loin et redoutaient l’influence néfaste de ces dessins animés sur une génération d’enfants. Déjà un docteur en psychologie directeur au C.N.R.S., Madame LURCAT sortait “À cinq ans, seul avec Goldorak“. Elle y décrivait des gamins qui ont peur: “J’aime pas Goldorak, c’est pas beau, sinon on fait des cauchemars dans la nuit.” Pour elle, c’était le Mal.

En fait je crois que ce sont plutôt les adultes qui ont eu peur. Selon elle: “l’univers culturel des enfants est trop limité. Les effets de séduction limitent le pouvoir créateur et favorisent l’invasion de l’imaginaire et du champ mental par des thèmes parasitaires qui peuvent freiner le goût de comprendre et d’agir“.
Quant à moi, j’étais un de ces gamins et j’étais émerveillé. Pour la première fois ma créativité était nourrie d’un univers fascinant que je n’avais jamais vu ailleurs (et quand je dis ailleurs je parle des programmes “jeunesse” français)… Pour la première fois des vaisseaux qui s’affrontent, un type qui rentre dans un robot géant, des poings qui partent, un rayon qui repousse l’adversaire, et un extra-terrestre dont le tête s’ouvrait: deux personnages dans un même corps! Tout ça c’était du jamais vu pour moi. Goldorak ne me faisait pas peur, au contraire: je rêvais d’être Actarus, d’habiter une super ferme à la KENT, d’avoir un super costume et de protéger la Terre. Je l’ignorais encore mais c’était un de mes premiers contacts avec le Japon. Et pour moi, c’était le Bien.

Des années plus tard, voilà la génération Goldorak. J’aime toujours les anime (et j’y ai ajouté depuis les manga, les jeux vidéo, le Jrock et mon amour pour le Japon). Je découvre le film de 「デビルマン」 (”devilman” soit “l’homme-démon” et pas “l’homme débile”), un autre manga de Go NAGAI (que je n’ai pas lu car je trouve les dessins trop laids, mais ça tombe bien comme ça j’ai découvert l’histoire avec le film et TERADA est passé par là). Et c’est pour moi, n’en déplaise à Tatie LURCAT et autres Ségolène ROYAL, une œuvre majeure sur la lutte entre le Bien et le Mal. On y retrouve la dualité dans les deux héros Akira et Ryo (comme avec Naruto/Sasuke ou encore Kaneda/Tetsuo). Des scènes de combat énergiques avec un rendu très jeu vidéo, une scène de poursuite entre Sélène et Amon volant entre les immeubles particulièrement dynamique…

Et une Miki très jolie (Ayana SAKAI déjà vue dans “Battle Royale 2″).

Où j’en étais? Ah oui… Le fond. Plutôt que de nous montrer une lutte à l’américaine (du style “Guerre des étoiles”), on y découvre une lutte à la japonaise. On ne va pas voir “les gentils contre les méchants” (là encore un cliché qu’on retrouve dans les paroles françaises des génériques de dessins animés japonais).

Non. On explore la ligne qui les sépare…

Et si, avant de lutter contre le Mal, on se demandait d’abord si on sait le reconnaître? Savons-nous vraiment ce qu’est le Bien, et ce qu’est le Mal?

Au lycée, Ryo traîne toujours avec Akira. Mais Ryo ne sourit jamais. Son père est mort dans un laboratoire. Une expérience a mal tourné: des démons se propagent sous la forme d’un parasite qui prend possession de l’A.D.N. des êtres vivants. Le seul moyen de ne pas sombrer est d’avoir un cœur bon, un cœur assez humain pour ne pas laisser le démon prendre le dessus. Le roi des démons, Satan, veut détruire l’humanité et faire régner l’enfer sur Terre. Mais Amon le démon téméraire garde son amour des hommes, il revendique même son nom: Devilman, le démon qui est encore humain. Contre sa nature de démon, Amon s’oppose à tous les autres démons et donc à Satan.
Chez les humains, Akira est en quête d’amour (la scène de la déclaration est particulièrement réussie). Les humains contaminés sont pourchassés. Le gouvernement vote de nouvelles lois: quiconque est soupçonné d’être contaminé est arrêté. Très vite ça devient quiconque est soupçonné est abattu.
La situation se dégrade: de plus en plus d’humains sont contaminés, le conflit prend une ampleur internationale. Au Japon, une brigade antidémons est créée et n’importe qui peut dénoncer son voisin. C’est la délation et la chasse aux sorcières. Certains, comme la belle Miki, font de la résistance et cachent des démons chez eux. La guerre civile éclate.
Dans ces conditions, l’Humanité échappera-t-elle à l’apocalypse? Devilman parviendra-t-il à sauver ceux qu’il aime ou son cœur sombrera-t-il dans la rage du démon?

  • Le site officiel du film sur lequel vous pouvez voir les bandes-annonces et aussi ce lien pour voir la première bande-annonce qui a servi à se rendre compte des effets visuels.
  • Une page pour savoir qui est Go NAGAI sur Animeka.
  • C’est un beau jour pour mourir…

    August 2nd, 2005

    P@M est le guitariste du groupe [M`a`D] (Masochistic Addictive Dream). C’est aussi un fan de Nana donc forcément quelqu’un de bien. C’est aussi le chroniqueur des manga sur GameOne (la chaîne des jeux vidéo). C’est aussi un dessinateur. Et c’est aussi un acteur: avec Orakaa il a réalisé un court métrage intitulé beautiful day. C’est pas mal du tout pour un premier essai et pour un court métrage amateur! L’ambiance m’a rappelé Fallen angels (la pause avant d’entrer en action, le casier, les ruelles sombres de H.K.), ça tombe bien vu que j’adore ce genre de film. Vous pouvez lui laisser des commentaires sur son blog (sauf qu’on peut pas si on n’est pas inscrit sur cette chiotte de msn de merde, soit dit en passant).

    Nana 3

    June 24th, 2005

    Nana sur scène avec Yasu à la batterie

    Troisième bande-annonce pour le film de Nana! Je vous avais déjà mis la deuxième dans ce message. Pour la télécharger cliquez ici.

    Cette image me rappelle trop le clip de “Koko de kisu shite” de ma princesse chérie, Shéna Ringö, ça doit être à cause du Shure.

    Night Watch

    May 17th, 2005

    Night Watch

    Premier volet d’une trilogie d’horreur, Night Watch est un film fantastique russe, et qui s’annonce pas mal du tout! Avec une petite marionette à la Tool! (merci Pask!)